Les niveaux de qualification dans le bâtiment fixent le coefficient d’un ouvrier, puis son salaire minimum. Ce coefficient sert de repère à l’entreprise qui accueille l’intérimaire comme à l’agence qui le sélectionne.
La classification conventionnelle des ouvriers du secteur du bâtiment repose sur quatre niveaux et sept positions. Chaque position porte un coefficient : 150, 170, 185, 210, 230, 250 ou 270. Pour vous, le principe est simple : chaque marche de cette échelle correspond à davantage de technicité, d’autonomie ou de responsabilité.

Le guide d’utilisation publié sur Légifrance est clair : on ne crée pas de coefficient intermédiaire entre deux lignes. Les trois premières positions couvrent l’exécution et le métier courant.
Le niveau II marque l’entrée dans le métier : c’est là que se situe l’ouvrier qualifié. Il maîtrise les gestes courants de sa spécialité, sans encore relever des travaux délicats que la grille réserve aux compagnons.
| Niveau | Position | Coefficient | Intitulé |
| I | 1 | 150 | Ouvrier d’exécution |
| I | 2 | 170 | Ouvrier d’exécution |
| II | — | 185 | Ouvrier professionnel |
| III | 1 | 210 | Compagnon professionnel |
| III | 2 | 230 | Compagnon professionnel |
| IV | 1 | 250 | Maître ouvrier ou chef d’équipe |
| IV | 2 | 270 | Maître ouvrier ou chef d’équipe |
Au niveau III, position 1, coefficient 210, le compagnon exécute les travaux de son métier. Il peut guider des aides, sans forcément assumer la responsabilité hiérarchique d’une équipe. En position 2, coefficient 230, il réalise des travaux délicats grâce à de solides connaissances professionnelles et à une vraie autonomie dans son métier.
Vous croisez souvent le sigle CP2 dans les annonces. Il désigne ce compagnon de niveau III, position 2, coefficient 230. Ce n’est pas l’intitulé d’un diplôme.
Au niveau IV, position 1, coefficient 250, le maître ouvrier ou chef d’équipe a une haute technicité et maîtrise son métier, ou bien il organise et conduit une équipe. En position 2, coefficient 270, il accomplit les travaux les plus délicats ou anime une équipe en permanence. La haute technicité peut justifier ce niveau sans aucun encadrement, comme le précise la classification conventionnelle des ouvriers du bâtiment. Aider ponctuellement un collègue ne fait pas, à lui seul, un chef d’équipe.
Un intitulé de poste ne suffit pas. Deux maçons peuvent avoir des niveaux d’autonomie très différents. La qualification d’un intérimaire se mesure donc en comparant ses tâches réelles à la classification des ouvriers du bâtiment.

Le classement repose sur quatre critères complémentaires : le contenu de l’activité, l’autonomie et l’initiative, la technicité, puis la formation, l’adaptation et l’expérience. Selon le guide conventionnel publié sur Légifrance, aucun ne prime sur les autres. L’autonomie se lit concrètement : qui donne les consignes, à quelle fréquence le travail est contrôlé, qui choisit les méthodes et prend les décisions techniques.
Le contenu du poste et la technicité s’échelonnent des gestes simples aux travaux courants, puis aux travaux délicats et à l’organisation d’une équipe.
L’article 12-4 de la convention relie certains diplômes à un niveau. Un CAP, un BEP, un CFPA ou un diplôme équivalent de l’ancien niveau V correspond, dans les conditions du texte, au niveau II, coefficient 185. La reconnaissance du classement ou le passage au niveau supérieur intervient au plus tard après 9 mois. Ce délai tombe à 6 mois avec une expérience antérieure d’entreprise, notamment en apprentissage.
Un brevet professionnel, un brevet de technicien, un bac professionnel ou technologique correspond, dans les conditions du texte, au niveau III, position 1, coefficient 210. L’évolution du classement est examinée au plus tard après 18 mois. Certaines formations continues peuvent raccourcir cette période.
Celui qui a préparé régulièrement un diplôme du bâtiment de niveau V de l’ancienne nomenclature, sans l’obtenir à l’examen, relève au moins du niveau I, position 2, coefficient 170. Depuis la réforme de 2019, France compétences fait correspondre cet ancien niveau V au niveau 3 actuel. Les coefficients conventionnels, eux, ne changent pas.
Tout commence par une demande précise. Vous indiquez les tâches, leur difficulté, le lieu du chantier, les dates, les horaires, l’autonomie attendue et les responsabilités confiées. Nous, Dynamic-interim, nous appuyons sur cette description pour sélectionner nos intérimaires roumains et préparer leur intégration, comme le détaille notre guide du recrutement rapide dans le BTP.
Lors de la présélection en Roumanie, nous vérifions l’expérience du candidat. Votre demande gagne à signaler les éléments suivants :
Le niveau retenu doit ensuite coller aux tâches réellement effectuées, et être revu si elles évoluent pendant la mission. Les périodes liées aux diplômes ne sont ni des durées obligatoires d’intérim, ni une autorisation de sous-classer un salarié. C’est le socle d’une qualification professionnelle juste.
Un coefficient ne donne pas un salaire national unique. Dans le secteur du BTP, les salaires minimaux des ouvriers dépendent de la région, de la convention et de la date. Avant de chiffrer une rémunération, vous devez donc situer précisément le cadre applicable.
Pour les ouvriers du bâtiment, deux conventions coexistent : l’IDCC 1596 pour les entreprises jusqu’à 10 salariés, l’IDCC 1597 au-delà. Les travaux publics, les ETAM et les cadres ont leurs propres grilles. Avant d’associer un salaire à un coefficient, vérifiez ces points :
Attention aux pièges : le coefficient 150 désigne le niveau I, position 1, dans le bâtiment, mais le niveau III, position 1, dans les travaux publics. Le salaire retenu ne descend jamais sous le plus favorable du minimum conventionnel et du SMIC. Selon le ministère du Travail, le SMIC atteint 12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin 2026. Cela donne 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures. Les travailleurs détachés, décrits dans notre guide de l’intérim d’ouvriers roumains, perçoivent aussi le minimum français ou conventionnel étendu le plus favorable.
En Île-de-France, l’accord du 5 novembre 2025 fixe les minima des ouvriers relevant de l’IDCC 1596, sur 35 heures. Le coefficient 150 vaut 1 843 € et le coefficient 170 vaut 1 855 € par mois. Ces deux lignes passent sous le SMIC depuis le 1er juin 2026 : c’est alors le SMIC qui s’applique.
Le même accord fixe un salaire mensuel brut minimum de 1 899 € au coefficient 185, une ligne elle aussi inférieure au SMIC selon l’accord. Le coefficient 210 atteint 2 038 €.
Plus haut dans la grille, le coefficient 230 donne 2 164 € et le coefficient 250 donne 2 292 €. Le coefficient 270 culmine à 2 510 € brut par mois. Nous mettons ces profils à disposition à travers notre offre d’intérim pour la construction, du gros œuvre à l’encadrement de chantier.
Chaque région négocie son propre barème. En Nouvelle-Aquitaine, l’accord du 22 octobre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, fixe 1 838,24 € au coefficient 150 et 1 862,51 € au 170. Ces deux lignes sont sous le SMIC depuis le 1er juin 2026. Viennent ensuite 1 912,56 € au 185 et 2 073,33 € au 210. Le 230 vaut 2 229,55 € et le 250 vaut 2 399,42 €. Le 270 atteint 2 560,19 €.
En Auvergne-Rhône-Alpes, l’accord du 14 janvier 2026 prévoit 1 824 € au 150 et 1 864 € au 170, où le SMIC sert désormais de plancher. Suivent 1 909 € au 185 et 2 099,14 € au 210, puis 2 277,47 € au 230 et 2 449,27 € au 250. Le 270 vaut 2 597,13 €. En Centre-Val de Loire, l’avenant du 10 avril 2026 fixe pour les entreprises jusqu’à 10 salariés 1 823 € et 12,02 € de l’heure au 150, sous le SMIC. Le 185 vaut 1 907 € et 12,57 €, le 210 vaut 2 056 € et 13,55 €.
Un bon coefficient ne garantit pas une bonne paie. Vous devez rapprocher la fiche de paie du poste réellement occupé, puis distinguer le salaire des indemnités et du coût de la mission.
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L’article L. 1251-18 du Code du travail interdit une rémunération inférieure à celle prévue au contrat de mise à disposition. Il impose aussi d’examiner l’égalité de rémunération avec un salarié de l’entreprise utilisatrice de qualification et de poste équivalents, primes et accessoires compris. Concrètement, le contrôle porte sur :
Les jours fériés sont payés à l’intérimaire dès que les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient, sans condition d’ancienneté. Le travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés s’apprécie selon les règles applicables au poste.
Lorsque les conditions légales sont remplies, l’article L. 1251-32 fixe l’indemnité de fin de mission à 10 % de la rémunération totale brute, versée avec le dernier salaire. Des exceptions existent, notamment en cas de CDI immédiat dans l’entreprise utilisatrice ou de rupture anticipée par le salarié. L’article L. 1251-19 ajoute une indemnité de congés payés d’au moins 10 % pour chaque mission. Aucune ne permet d’abaisser le taux de base sous le minimum.
Les frais de déplacement et de repas restent distincts du salaire de base. L’article L. 1251-20 prévoit aussi l’indemnisation des intempéries lorsque les salariés de l’entreprise utilisatrice du même chantier en bénéficient. Enfin, notre coefficient de facturation se situe généralement entre 1,7 et 1,9, et peut atteindre 2,5 pour un besoin technique ou urgent. Il n’a rien à voir avec la classification, comme l’explique notre guide du coût d’un intérimaire.
Une contestation se gagne avec des pièces. Selon l’article L. 1251-17 du Code du travail, le contrat de mission est transmis dans les deux jours ouvrables suivant la mise à disposition. La fiche de paie est remise au paiement du salaire, selon l’article L. 3243-2. Ensuite, la démarche suit trois temps :
Un écart avec le minimum mensuel attendu peut venir d’un mois incomplet, d’une absence ou d’un horaire différent. Documentez-le avant de conclure à une erreur. L’action en paiement du salaire se prescrit en principe par trois ans, selon l’article L. 3245-1 du Code du travail.
Elle est régionale. En Bourgogne-Franche-Comté, l’accord du 30 avril 2026 (IDCC 1596), applicable dès le 1er juillet 2026, fixe 1 850 € au coefficient 150, sous le SMIC. Le 185 vaut 1 898 € et le 210 vaut 2 080 €. Le 230 atteint 2 226 € et le 270 atteint 2 518 €. Une seconde grille s’applique aux heures travaillées à partir du 1er janvier 2027.
C’est l’ouvrier professionnel de niveau II, coefficient 185, qui effectue les travaux courants de son métier grâce à une formation ou une expérience équivalente. Sans CAP, l’expérience peut contribuer à sa qualification, sans ouvrir droit automatiquement à un coefficient. Le classement dépend aussi des tâches, de l’autonomie, de la technicité et des responsabilités réellement exercées.
Les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) forment une catégorie distincte des ouvriers et des cadres, avec des niveaux de A à H. En Auvergne-Rhône-Alpes, l’accord du 14 janvier 2026 fixe 1 867,02 € au niveau A, après prise en compte du SMIC. Le niveau D atteint 2 130,73 € et le niveau H 3 341,81 € brut par mois.
Elle utilise notamment 100 et 110 au niveau I, puis 125 et 140 au niveau II. Le niveau III porte les coefficients 150 et 165, le niveau IV le coefficient 180. Ces coefficients ne désignent pas les mêmes positions que dans le bâtiment.
Une fiche de classement peut garder le métier, les tâches réelles, les faits illustrant les quatre critères, le niveau, la position, le coefficient, les diplômes et l’expérience. Pour le salaire, le dossier peut conserver la région, la référence et la date d’effet de la grille, l’horaire et la date de vérification. Le coefficient d’une annonce ne prouve pas, seul, que la paie est correcte.
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